Voir tous les articles

Devenir éco-responsable pour la santé de notre fertilité

Écrit par  Marie-Hélène Viau
Évaluez cet article
(0 votes)

L’infertilité affecte de nos jours 15 à 20 % des couples des pays industrialisés contre 7 à 8% des couples dans les années 60. Les problèmes liés à notre santé reproductive sont aussi en augmentation. Impliqué, depuis plus de 55 ans dans la recherche sur la fertilité, Seréna, un organisme communautaire, aide les couples et les femmes à mieux comprendre leur fertilité par l’enseignement de la méthode sympto-thermique. Seréna reçoit de plus en plus de demandes de la part de femmes qui sont surprises de ne pas devenir enceintes rapidement après l’abandon de la contraception ou qui ont des anomalies de leur cycle menstruel. Quelles sont les raisons des problèmes de santé reproductive et de la baisse de fertilité? Stress? Alimentation? Pesticides? Pollution atmosphérique?

En 2006, Greenpeace publiait un rapport sur notre santé reproductive et mettait en avant les liens de causes à effets remettant en question notre mode de vie.1

Augmentation de l’endométriose

Aux États-Unis, une femme sur dix souffre d’endométriose, maladie associée couramment à une baisse de fertilité. L’endométriose résulte de la croissance en dehors de l’utérus, sur divers organes abdominaux, de plaques de tissu qui tapisse normalement la paroi intérieure de l’utérus. Soumis aux variations hormonales du cycle, ce tissu saigne lors de chaque menstruation et comme le sang ne peut pas s’échapper à l’extérieur comme le fait le sang menstruel, il cause de l’inflammation, source de douleurs souvent vives et chroniques. En conséquence, 100 000 hystérectomies, c'est-à-dire ablation de l’utérus ou d’une partie, sont réalisées chaque année aux États-Unis. En Europe, 15 millions de femmes en âge de concevoir souffrent d’endométriose. Une étude de 2002 a démontré que les BPC (biphényles polychlorés) et les dioxines, qui sont des familles de composés aromatiques, causent l’endométriose chez le singe et aggravent celle des animaux qui présentent déjà ce trouble. Nous sommes exposés dans la vie de tous les jours à un niveau de dioxine connu pour entraîner l’endométriose chez le singe.


Une puberté de plus en plus précoce

Dans certains pays, les filles atteignent leur puberté plus tôt que dans le passé. À Porto Rico par exemple, de plus en plus de jeunes filles développent leur poitrine avant huit ans. Selon une étude menée en 2000, 68 % de ces filles ont des phtalates dans leur sang contre 3% chez celles qui ont une puberté normale. Porto Rico est un état qui utilise beaucoup d’emballages plastiques contenant des phtalates. Combiné avec d’autres facteurs, cela contribue à augmenter le niveau d’exposition de la population aux phtalates connus pour leur activité œstrogénique et anti-androgénique. Le lien entre les phtalates et l’arrivée prématurée de la puberté est possible même si des études complémentaires restent à réaliser.


Déclin de la santé reproductive des hommes

En 1998, une étude importante a été réalisée dans trois centres de fertilité de trois villes différentes en Allemagne sur plusieurs milliers de sujets. Elle révèle un déclin important de la qualité du sperme. Cette étude a été corrélée par d’autres en France, en Écosse et au Danemark. De plus, le nombre de cas de cryptorchidie (mauvaise descente des testicules dans le scrotum avant la naissance) et le nombre de cancers des testicules ont augmenté au cours des cinquante dernières années. Les scientifiques internationaux de différentes disciplines, suite à une importante réunion de travail à Prague en 2005, se sont déclarés très préoccupés de la proportion des troubles du système reproducteur des hommes européens et particulièrement des jeunes hommes. Le style de vie, l’alimentation et les contaminations environnementales jouent un rôle dans ces troubles et dans leur évolution.


Six groupes chimiques perturbateurs hormonaux connus :

1- Les alkylphénols se retrouvent dans notre nourriture (la confiture, les sauces, la nourriture pour bébé) suite aux méthodes de préparation et d’emballage des produits, particulièrement l’intérieur des boîtes de conserve.

2- Les phtalates sont utilisés dans le PVC et se retrouvent dans de nombreux produits plastiques  de notre quotidien comme les rideaux de douche.

3- Les BFR (retardateurs de flamme bromés) présents dans les appareils électriques, l’éclairage, les câbles, les textiles et les matériaux isolants.

4- Les composés organoétains jouant le rôle de biocides dans les produits anti-tâches présents dans les textiles d’ameublement ou des vêtements et dans les fruits de mer.

5- Les bisphénols A utilisés dans la fabrication de plastique.

6- Les mucs artificiels présents dans certains parfums et cosmétiques.


Quelques gestes pour une meilleure santé de notre fertilité et celle de nos enfants

L’Environnemental Working Group (EWG) qui lutte contre la pollution de notre corps nous encourage à varier nos menus pour éviter d’accumuler des polluants et à respecter au mieux ces quelques consignes2 :

- Manger moins d’aliments transformés, car ils contiennent souvent des additifs chimiques.

- Privilégier les aliments biologiques qui sont dépourvus de pesticides. En effet, une étude récente faite aux États-Unis a démontré que le taux de Bisphénol A diminuait chez les personnes qui ont banni les conserves de leur diète.

- Ne pas utiliser de plastiques dans le four à micro-ondes mais les remplacer par des contenants en verre ou en céramique.

- Utiliser un filtre pour l’eau de la maison ou du bureau afin de réduire les niveaux de polluants courants.

- Manger moins de viande et de produits laitiers à haute teneur en gras car ces derniers concentrent les polluants.

- Réduire le nombre de cosmétiques et de produits de soins qui peuvent contenir des substances chimiques toxiques, entre autre tout ce qui contient des parabènes comme le maquillage ou les lotions hydratantes. 3

- Éviter les parfums artificiels (assouplissant, lessive, chasse-odeur, parfum, rafraîchisseurs d’ambiance et autres produits domestiques).

- Ne pas utiliser de protège-tissus sur les vêtements, la literie et les meubles recouverts de textile.

- Réduire le nombre de nettoyants ménagers, favoriser les nettoyants écologiques ou utiliser du bicarbonate de soude, du vinaigre et du citron.

- Éviter d’inhaler les vapeurs de carburant en faisant le plein.

- Ne manger que les produits de la mer reconnus pour leur faible taux de pollution aux BPC et au mercure.


Références :

1 Greenpeace report. 2006. Fragile : Our reproductive health and chemical exposure.

2 Marc Geet Ethier. 2005. Zéro toxique : pourquoi et comment se protéger. Edition Trécarré. Québécor Média.

3 Parent, L. et Réseau des Femmes en Environnement. 2009. Sabotage hormonal : Comment des produits d’usage courant nuisent à notre santé.


Laissez un commentaire

Assurez vous de fournir l'information requise (*) là où indiqué.

 
Création du site Web Web Design Montreal