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Mercredi, 07 Novembre 2012 15:08

Premières règles: secrets intimes à partager avec sa fille

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C’est un sujet tabou. Parfois passées sous silence, parfois cachées mais aussi parfois célébrées, les premières règles arrivent sans crier garde. Il est vrai que l’on ne peut pas prévoir le moment où elles arrivent, mais comment accompagner la jeune fille dans cette étape clé de sa féminité?

Elles sont sœurs, amies, grand-mères, mères, filles…elles sont femmes. Et elles racontent leur vécu, ce passage, obligé mais naturel, de fille à femme. Pour les mères et futures mères, des secrets intimes à partager avec leur fille.


La fierté dans les yeux de mon amie 

On a toujours parlé de ces choses de façon ouverte chez moi. Donc pas de surprise! Ma mère n'en a pas fait un plat. C'est plutôt ma meilleure amie, à qui j'avais annoncé la nouvelle au téléphone, qui m'a regardé entrer dans l'autobus scolaire avec des yeux brillants, pleins de fierté pour son amie qui était devenue grande (je soupçonne qu'elle avait hâte à son tour). Et quand son tour est venu, quelques mois plus tard, son père lui a offert des fleurs et je l'ai trouvée chanceuse que l'événement soit souligné un peu plus officiellement que ce fût le cas pour moi.


Ma cousine m’a rassurée

Mes règles ont pointé le bout de leur nez quand j’avais 12 ans, alors que j’arrivais dans un nouveau pays. Je pense que mon corps en a subi un choc au point d’appeler mes règles à la rescousse. Je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait être. J’ai vraiment eu peur. Heureusement, ma cousine m’a accompagnée dans cette étape. Elle m’a expliqué le fonctionnement de la femme, la conception des enfants. On a même parlé de la relation homme/femme et des préservatifs. J'ai vraiment aimé vivre cette expérience avec une cousine plutôt qu'avec ma mère parce que cette dernière n'aurait probablement pas donné ces informations. Elle m'a rassurée. C'est passé comme dans du beurre parce que j'avais quelqu'un de proche en âge, mais assez mûr pour me dresser un bon portrait de ce qui m'attendait par la suite.

Ma mère m’a soutenue et accompagnée

J'avais 13 ans. En allant aux toilettes, j'ai vu du sang sur le papier. J'ai compris que j'étais menstruée. Même si je le savais, j'ai un peu paniqué. J'ai téléphoné à ma meilleure amie pour me faire rassurer. Ma mère m'avait déjà indiqué où étaient les serviettes sanitaires alors je savais quoi faire. Je lui ai ensuite annoncé la nouvelle. Je pleurais beaucoup car j'avais l'impression que mon corps avait fini de grandir. J’ai apprécié la présence et le soutien de ma mère qui m’a acheté des serviettes sanitaires adaptées à mon âge et à ma situation. Elle a démystifié mes questionnements. Je me souviens aussi que quelques tantes étaient venues me féliciter et me dire « bienvenue dans le monde de la femme ».

Un handicap à vie

Je l’ai vécu comme un handicap à vie, une calamité. Ma mère m’a aussi dit qu’à partir de ce moment, je pouvais devenir enceinte et pour elle, je sentais que c’était une angoisse.

Mon père

Mes premières règles, c’était pour moi un honneur, une fierté. Mon père m’a offert des fleurs pour souligner l’événement. Mais ce que j’ai trouvé moins drôle, ce sont les douleurs qui venaient avec et la peur, à chaque fois, de tâcher mes vêtements.

J’étais très contente mais j’avais peur de le dire

Mes premières règles remontent à mes 13 ans. Ce matin-là, j’ai pris ma douche en chantant car j’étais super contente. La plupart de mes copines les avaient eues pendant l’année alors j’attendais mon tour impatiemment. J’avais eu peur de le dire à ma mère. Alors je lui ai piqué des serviettes hygiéniques et j’ai brûlé ma culotte à défaut d’avoir pu la détacher. Je mettais de grosses jupes pour les cacher. J’aurais aimé être plus proche de ma mère à ce moment, qu’elle me dise quoi faire, les conséquences plutôt que d’apprendre tout de mes copines. J’espère que ma fille n’aura jamais peur de me confier ses petits secrets intimes… J’aimerais lui faire un beau gâteau ce jour-là et lui offrir un petit massage pour la détendre. Sinon, j’ai toujours bien vécu mes menstruations car je me disais qu’il fallait que je les apprivoise pour le bien de mes futurs bébés. Et lorsque j’avais mal, je le prenais comme un exercice pour mes futures grossesses. Mais je dois dire que mon congé de menstruations durant la maternité était le bienvenu.

Je n’en avais pas envie

J’avais 11 ans. J’étais bien préparée par ma mère. Je savais que j’allais avoir mes règles et que c’était normal. Mais je n’en avais pas envie. J’ai pleuré et l’ai vécu difficilement. Pourtant, je me souviens que quelques années auparavant, j’avais mis un protège-dessous dans ma culotte, je faisais « semblant ». J’avais même déballé un tampon par curiosité. Ma mère avait mis mon père dans le secret. Il m’a demandé : « Tu n’as pas quelque chose à m’annoncer? » J’ai dit non. Je n’avais pas envie d’en parler, et qu’on en fasse un événement. De plus, j’étais encore au primaire et il n’y avait pas d’endroit pour jeter les serviettes, ça me gênait énormément. Pour couronner le tout, j’avais de très grosses douleurs menstruelles et je ne savais pas trop comment gérer ça…

À une autre époque, « Ce que toute jeune fille devrait savoir »

Il me semble que les filles autour de moi racontaient vaguement « que les anglais étaient débarqués » (ce qui voulait dire que leurs menstruations étaient commencées). À mon souvenir, j'ai saigné, je l'ai dit à ma mère qui m'a indiqué où étaient les guénilles (linges cousus pour cette fin qu'on faisait tremper dans un plat rempli d'eau caché sous le bain et qu'on lavait pour les réutiliser). Je n'avais eu aucune préparation à l'arrivée de ce phénomène pourtant naturel. J'ai voulu savoir et comprendre. Dès que j'ai pu avoir assez de sous, je me suis acheté mon premier livre, « Ce que toute jeune fille devrait savoir », que j'ai lu en cachette. Mon frère m'a vue le lire, l'a rapporté à maman qui l'a jeté dans le feu du poêle de la cuisine. Une toute autre époque!

Mes premières règles : un soulagement pour moi, banal pour mon entourage

C’est bizarre, les seuls souvenirs que j’ai sont très mécaniques, sans ou avec peu d’émotions. C'était en quelque sorte un soulagement car j'avais 16 ans! Mais justement en même temps un événement qui a été presque banal, puisque je l'attendais pour me sentir « normale ». J’aurais voulu, comme la plupart de mes amies, avoir mes règles vers 14 ans. Je ne me sentais pas exclue mais il y avait quelque chose que je ne pouvais pas partager ni comprendre encore... J’aurais aussi aimé que mon cycle soit plus régulier car je peux facilement compter sur mes dix doigts le nombre de menstruations que j'ai eues entre 16 et 19 ans... À la maison, les règles m’ont été présentées comme assez désagréables, que j’aurais le malheur de vivre chaque mois de ma vie. Un vrai calvaire? Cela a peut- être forgé « mon karma menstruel irrégulier ». Je me suis fait rapidement prescrire (à tort selon moi avec le recul) la pilule contraceptive pour régulariser mon cycle!

Une annonce mystérieuse dans le journal

L’arrivée de mes premières règles s’est faite sans problème, parce que ma mère m’y avait bien préparée. Mais c’est cette annonce amusante dans le journal qui marque mes souvenirs. Les journaux publiaient à cette époque (années 40) de courtes annonces de pilules de fer pour les « jours spéciaux » des femmes. Quand j’avais 10 ou 11 ans, j’avais demandé à ma mère la signification de cette expression « jours spéciaux ». Elle m’avait répondu : « Je te le dirai quand tu auras 12 ans ». À mon anniversaire de 12 ans, je voulais enfin savoir ce que voulaient dire ces mots mystérieux, et j’ai eu droit à une explication simple et satisfaisante : c’était un signe de féminité et une préparation à la maternité. J’ai eu mes premières règles dans les mois suivants.

Chez ma grand-mère

C'est arrivé chez mes grands-parents à l'âge de 12 ans. J'étais aux toilettes et j'ai vu des taches de sang sur ma culotte, je suis allée demander à ma grand-mère pourquoi je saignais. Elle m’a expliqué que j’allais maintenant grandir et cela m’a fait plaisir. Elle m'a appris à mettre une serviette et m'a montré le fonctionnement du cycle. J'étais naïve à cet âge et il me semblait qu'à l'école, on n'avait pas de cours de biologie (c'était donné dans les classes supérieures).


Vécues à 11 ou 16 ans, ces histoires, d’aujourd’hui ou datant « d’une autre époque », nous révèlent qu’il n’y a pas de meilleure façon de souligner l’arrivée des premières règles. Mais préparer la jeune fille à bien vivre ce moment, prononcer les mots qui rassurent et qui démystifient, l’aidera à passer ce cap avec confiance en sa féminité et en son nouveau corps de femme. Pour ce faire, amies, mais surtout mères et même pères jouent un rôle essentiel dans cette étape clé de la vie d’une femme.

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