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Apprendre à connaître sa fertiltié

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La connaissance de notre propre corps nous permet d’admirer les merveilles de la biologie. De plus, puisque nous vivons à une époque où la technologie rend possible toutes sortes d’interventions sur la nature, il est important de comprendre les lois internes de ce que nous désirons influencer ou modifier afin de prendre des décisions éclairées. Donc, il est utile de revoir un peu d’anatomie et surtout la fonction des mécanismes qui conduisent à la fertilité.

Section 1. La fertilité naturelle de l’homme

La fertilité mâle est continue. La production des spermatozoïdes commence pendant la puberté et, bien qu’elle diminue avec l’âge, continue durant toute la vie d’un homme.

Le système reproducteur mâle

Les spermatozoïdes sont produits constamment dans les testicules. Les cellules spermatiques prennent environ 11 semaines pour passer des cellules primitives aux cellules mûres1. Elles voyagent à partir du testicule par un long tube circonvolué appelé l’épididyme (Voir Fig. 1). C’est là qu’elles acquièrent la mobilité. Les spermatozoïdes
matures sont emmagasinés dans l’ampoule du canal déférent jusqu’à l’éjaculation. S’ils ne sont pas éjaculés, les plus vieux meurent et sont remplacés par de plus jeunes. Quand l’éjaculation se produit, le liquide séminal – produit par les vésicules séminales et la prostate – se mêle avec les spermatozoïdes pour former l’éjaculat ou sperme. Le sperme voyage le long de l’urètre et sort du corps par le méat urinaire au moment de
l’éjaculation.

Les spermatozoïdes sont de 100 à 200 fois plus petits qu’un point dans ce texte. Ils sont composés d’une tête, qui est la cellule proprement dite, et d’une queue qui agit comme propulseur. Le bout de la tête, appelé « acrosome », contient des enzymes capables de dissoudre l’enveloppe d’un ovule au point de contact et donc de le pénétrer. La queue disparaît si le spermatozoïde entre et féconde un ovule (voir Fig. 2). Les spermatozoïdes sont sensibles au milieu chimique: ils survivent plus longtemps dans des conditions alcalines que dans des conditions acides. Ils sont aussi sensibles à la chaleur, ce qui explique pourquoi les testicules sont logés dans le scrotum, à une température de 35°C, plutôt que dans l’abdomen, où la température serait de 37°C.


Nombre et qualité des spermatozoïdes

Il y a des millions de spermatozoïdes dans chaque éjaculat et, comme dans toute fabrication en série, ils ne sont pas tous parfaits. Quelques-uns sont anormaux (ayant deux têtes, une tête déformée, pas de queue ou plusieurs, etc.), alors que d’autres sont moins sains, moins vigoureux ou trop vieux. À cause de la petite taille des  spermatozoïdes, la distance qu’ils doivent parcourir du vagin aux trompes de Fallope à la recherche de l’ovule est très longue.


Tous les hommes ne produisent pas le même nombre de spermatozoïdes ni le même nombre de spermatozoïdes en santé, et cela varie aussi d’un éjaculat à un autre chez le même homme. Le nombre des spermatozoïdes diminue avec l’âge, mais il n’y a pas d’arrêt définitif de la production, comme cela arrive chez la femme, qui cesse de produire des cellules reproductives à la ménopause.

pic 2Le tabagisme, l’alcool, la plupart des drogues récréatives et des produits polluants concentrés ont un effet nocif sur les spermatozoïdes, spécialement au début de leur formation, environ trois mois avant l’éjaculation. Durant leur phase active, les infections transmises sexuellement [ITS]  peuvent diffuser des toxines anti-spermatozoïdes. Plus tard, elles peuvent laisser des cicatrices qui bloquent les minuscules tubes par où les spermatozoïdes doivent passer.

Quelques affections physiques telles le cryptorchidisme et les oreillons peuvent nuire à la fertilité. Normalement, les testicules se forment dans l’abdomen du foetus garçon et descendent par l’aine dans le scrotum vers le 7e mois de la grossesse. Il arrive qu’ils restent dans l’abdomen même après la naissance. On appelle cette anomalie le cryptorchidisme. Si cela n’est pas corrigé chirurgicalement durant l’enfance, les spermatozoïdes ne peuvent pas se former normalement1. Pour leur part, les oreillons après la puberté augmentent la chaleur dans les testicules et peuvent détruire leur capacité de produire des spermatozoïdes. C’est pourquoi il est si important de vacciner
les jeunes garços contre les oreillons.

Examens du sperme
Quand un homme fait appel à l’aide médicale parce qu’il s’inquiète de sa fertilité, on effectue d’abord un examen général pour voir s’il existe des indices externes de problèmes. Diverses anomalies du système reproductif mâle peuvent persister de son stade embryonnaire et mener à une fertilité diminuée. Par exemple, il peut y avoir une varicocèle qui cause la dilatation des vaisseaux sanguins dans le scrotum, par conséquent en augmente la température et cause la détérioration des spermatozoïdes. Si des anomalies physiques sont présentes, on appliquera un traitement approprié.

Après l’examen physique, on fera le comptage des spermatozoïdes d’un éjaculat frais. Le volume total est mesuré. En examinant une goutte sous microscope, on peut compter le nombre de spermatozoïdes d’apparence et de mobilité normales et estimer leur concentration. On compte aussi le nombre de globules blancs, qui pourraient révéler une infection passée inaperçue. Au TABLEAU I, vous trouverez les caractéristiques de base d’un échantillon de sperme normal.


Volume
2 à 6 cc
Nombre
Plus de 20 millions/ml
Mobilité
Plus de 50% avec mouvement vers l’avant
Morphologie
(Apparence)
Plus de 30% avec tête ovale, « acrosome » et une
seule queue
Globules blancs
Moins de 1 million/ml

TABLEAU I. NORMES CLASSIQUES D’ÉVALUATION DU SPERME

Ces normes, établies il y a environ 30 ans2, sont utiles comme référence; toutefois, une étude récente de l’analyse du sperme3 offre une relation plus détaillée entre les taux de spermatozoïdes et l’hypofertilité des couples (voir TABLEAU II). Trois caractères du sperme, la concentration, la mobilité et la structure normale, peuvent être étudiés et classifiés sur une échelle allant de « fertile » à « hypofertile » en passant par « indéterminé ». Quand UN des caractères du sperme tombe dans la catégorie hypofertile, les chances qu’un homme soit infertile sont de deux à trois fois plus grandes que si ce caractère avait été trouvé fertile. Lorsque DEUX des caractères du spermatozoïde tombent dans la catégorie hypofertile, les chances d’infertilité sont de six à sept fois plus grandes. Enfin, si TROIS des caractères sont de nature hypofertile, les chances d’infertilité sont de seize fois plus grandes.


Concentration
Millions/ml
Mobilité
Structure
normale
Fourchette
de fertilité
Plus de 48
Plus de 63%
Plus de 12%
Catégorie
indéterminée
13.5 à 48
32% à 63%
9% à 12%
Catégorie
hypofertile
Moins de 13.5
Moins de 32%
Moins de 9%


TABLEAU II. CARACTÉRISTIQUES DU SPERME EN RELATION AVEC LE STATUT : FERTILE, INDÉTERMINÉ, OU HYPOFERTILE
Résultats d’une étude comparant des hommes de couples fertiles avec des hommes de couples infertiles quand la femme a obtenu des résultats normaux de fertilité.

Le nombre souvent publié pour la survie des spermatozoïdes est de trois jours, cité comme moyenne. Toutefois, la recherche a montré qu’ils peuvent vivre jusqu’à six jours dans le système reproductif de la femme4, 5 et  peut-être plus dans des conditions optimales. Chez les couples hypofertiles, les spermatozoïdes peuvent ne  survivre que quelques heures. Cela sera expliqué plus en détails dans la Section 3.

Section 2. La fertilité naturelle de femme

Fig 3La fertilité de la femme est cyclique : durant chaque cycle menstruel, il y a des moments où elle est naturellement fertile et d’autres où elle est naturellement infertile. Le cycle est régi par les hormones estrogène et progestérone, produites par les ovaires et contrôlées par le cerveau par l’intermédiaire de l’hypothalamus et de l’hypophyse, ou glande pituitaire. Cette relation en est une de rétrocontrôle : à chaque cycle menstruel, le cerveau déclenche la production d’hormones ovariennes et, puisque les hormones circulent dans le système sanguin, le cerveau est averti quand une quantité suffisante est atteinte et alors il module et cesse sa stimulation.

Le système reproducteur féminin


Fig-4Fig-5


Avant l’ovulation

Le premier jour du cycle est le premier jour de la menstruation et marque le commencement de la première phase, pré-ovulatoire, du cycle menstruel. Cette partie est de longueur variable parce que l’ovulation peut arriver plus tôt ou plus tard (voir Fig. 6). Quand le cycle commence, les ovaires sont au repos. Sous l’influence des structures du cerveau mentionnées précédemment (voir Fig. 3), quelques ovules primitifs, emmagasinés dans les ovaires depuis que la femme était un foetus de dix semaines, subissent un développement important. Ces ovules en cours de maturation avaient commencé leur préparation durant les deux ou trois cycles précédents. Ils sont entourés de cellules qui forment une capsule appelée follicule. Après quelques jours, ces cellules commencent à sécréter de plus en plus d’estrogène, ce qui cause l’épaississement de la paroi intérieure de l’utérus (endomètre) et fait sécréter par le col utérin un type de glaire qui devient de plus en plus favorable aux spermatozoïdes (voir Fig. 7). En même temps, un des ovules atteint le stade de maturité qui le rend prêt à être ovulé.

Ovulation

L’ovulation marque le début de la seconde phase du cycle menstruel. Elle se produit quand l’hormone estrogène atteint un pic après deux semaines ou plus et le cerveau envoie une nouvelle hormone appelée LH. L’ovulation est l’expulsion d’un oeuf mûr (ovule) dans la trompe de Fallope. Avec ces changements d’hormones, des symptômes différents se manifestent également dans l’organisme de la femme (voir Fig. 8). Ce sont les signes extérieurs de l’ovulation et la base de la Planification naturelle des naissances.

La fertilité « théorique » de la femme

Une fois que l’ovulation se produit, l’ovule meurt après 8 à 12 heures, si un spermatozoïde ne le féconde pas. Rarement, un second ovule est produit et libéré quelques heures après le premier. Ceci est prouvé par l’existence de jumeaux fraternels (non identiques). Si cette seconde ovulation survient, les deux ovules seront morts dans les 24 heures de la première ovulation s’ils ne sont pas fécondés. La présence de spermatozoïdes dans le système reproductif de la femme le jour de l’ovulation, qu’ils aient été déposés ce jour-là ou durant les jours précédents, sont cruciaux pour la fertilité du couple (voir Fig. 11). Donc, il est important de se rappeler que le créneau « théorique » de fertilité de la femme (ordinairement un jour) n’a pas de signification dans la vie pratique à moins d’être considéré en conjonction avec la fertilité « théorique » de l’homme (c’est à dire la durée de vie et la capacité fécondante de ses spermatozoïdes). La fertilité « réelle » combinée du couple est présentée plus en détails dans la Section 3 ci-dessous, et illustrée en Fig. 11.

Après l’ovulation

Après l’expulsion de l’ovule, le follicule qui le contenait se transforme en corps jaune et se met à produire une autre hormone, la progestérone, en plus de l’estrogène. La progestérone, en circulant dans le sang, stimule l’épaississement de l’endomètre et le prépare pour une grossesse possible.
De plus, les propriétés de la glaire produite par les cellules du col utérin changent de telle façon que la glaire s’épaissit et ne descend plus à la vulve. Les fibres microscopiques de la glaire se contractent en un lacis tellement compact qu’elle forme une sorte de bouchon gélatineux que les spermatozoïdes ne peuvent pas pénétrer6 (voir Fig. 7 et Fig. 8).

La progestérone fait aussi monter légèrement la température basale du corps et la garde à un niveau plus élevé jusqu’à la fin du cycle (voir Fig. 8). Les deux hormones produites par les ovaires (i.e. la progestérone et l’estrogène) augmentent pendant une semaine et puis, si l’ovule n’est pas fécondé, elles diminuent pendant une autre semaine.

Donc, deux semaines après l’ovulation, l’endomètre n’est plus soutenu par les hormones et se fait éliminer, produisant le flux menstruel. Le dernier jour du cycle menstruel est le jour précédant le début de la menstruation.


Grossesse

Si la conception se produit, l’ovule est ordinairement fécondé tôt après sa sortie de l’ovaire par un des spermatozoïdes qui l’attendaient dans les trompes de Fallope (voir Fig. 9). Une fois que l’ovule a été fécondé, l’embryon primitif commence immédiatement son voyage vers l’utérus, tout en se divisant pour former une grappe de cellules. Il sécrète aussi sa propre hormone appelée la Gonadotrophine chorionique humaine (GCH) qui est absorbée par le système sanguin de la mère. C’est cette hormone qui est mesurée dans les tests de grossesse. Elle se rend au cerveau de la mère et avertit son système d’augmenter - et non de diminuer - la sécrétion d’estrogène et de progestérone afin d’optimiser les conditions pour que la grossesse évolue bien. Ce phénomène est une indication que l’embryon primitif veille à sa propre survie dès les premiers jours suivant la conception. L’embryon prend sept jours pour  atteindre l’endroit où il s’implantera dans l’utérus (voir Fig. 10). Arrivé au terme de ce voyage, l’embryon primitif contient plus de 100 cellules agencées selon un ordre défini et destinées à former des parties précises du corps.

Il arrive parfois que l’embryon cesse de se  développer, meurt et est expulsé de l’utérus lors d’une fausse couche (ou avortement spontané). On ne connaît pas la cause de toutes les fausses couches. Parfois, on sait que la mère manque des hormones  nécessaires pour continuer une grossesse, et que la mort de l’embryon en soit la conséquence. Par contre, les scientifiques croient que la cause la plus fréquente des
fausses couches est que l’enfant a des anomalies (génétiques ou  développementales) qui ne sont pas compatibles avec la vie. Une fois que le bébé meurt, les hormones de la mère diminuent et la fausse couche se produit au bout de quelques jours. Des études ont démontré que les taux de fausse couche augmentent avec l’âge de la mère7 ou du père8, 9, avec le tabagisme des parents et avec l’exposition du père aux pesticides concentrés.


Section 3. Le créneau de fertilité naturelle du couple durant un cycle

Bien que la femme soit « théoriquement » fertile jusqu’à 24 heures à chaque cycle menstruel, le couple peut en réalité être fertile pendant au moins six jours. Les spermatozoïdes sont capables de survivre jusqu’à six jours dans le système reproductif de la femme et de féconder un ovule aussitôt que l’ovulation se produit.

Les résultats d’une étude américaine faite avec 221 couples qui planifiaient une grossesse ont fourni la preuve que les spermatozoïdes peuvent survivre au moins six jours et féconder un ovule. On a constaté que les 192 conceptions survenues au cours des six mois de l’étude ont résulté de relations sexuelles l’un ou l’autre des 5 jours avant l’ovulation ou le jour  même5. Il n’est pas impossible que des spermatozoïdes survivent plus de 6 jours dans la population générale, puisque l’étude était limitée et les femmes venaient de cesser l’usage de contraceptifs oraux, donc pouvaient n’être pas encore revenues à la normale après la prise de la « pilule ».

Le milieu le plus favorable à la vie des spermatozoïdes est le type de glaire que la femme produit durant les jours juste avant l’ovulation et le jour même. Cette glaire est de type alcalin. Elle est plus liquide que celle qui est produite durant les autres parties du cycle féminin, ce qui la fait couler du col et devenir plus abondante à la vulve. Quand la glaire est transparente et très filante, ses molécules
(glycoprotéines) sont alignées pour former des couloirs qui permettent aux spermatozoïdes déposés dans le vagin d’entrer dans le col en quelques minutes. Ceci contraste avec le lacis très dense qu’elles forment quand la glaire est opaque et épaisse, en l’absence d’une concentration élevée d’estrogène dans le sang (voir Fig. 7).


Les spermatozoïdes, une fois rendus dans le col, sont « en sécurité » puisque ce milieu est alcalin, en contraste avec le vagin qui est acide. Le col agit comme un filtre pour les cellules spermatiques anormales. La paroi du col est tapissée de poils microscopiques (cils) qui capturent les spermatozoïdes anormaux, faibles ou immobiles. Ces derniers seront détruits par l’action nettoyante des globules blancs. De cette façon, seuls les spermatozoïdes les plus en santé participent au voyage vers l’ovule (voir Fig. 12).

Le col utérin sert aussi de réservoir. Ses parois présentent des poches minuscules appelées cryptes qui sécrètent la glaire. Elles abritent et protègent les spermatozoïdes pendant quelques jours (voir Fig. 13). Pendant ces quelques jours, ils sont libérés continuellement par milliers et parcourent la cavité utérine et les trompes de Fallope, prêts à féconder un ovule qui pourrait se présenter.

La glaire comme signe de fertilité/infertilité

Dans la phase pré-ovulatoire, le symptôme de la glaire indique le début de la fertilité. Ceux qui désirent planifier leur famille naturellement tirent profit du fait que les différents types de glaire, qui sont si importants dans leur interaction avec les spermatozoïdes, sont observables. Les types de glaire sont des signes qui aident le couple à déterminer en tout temps s’ils sont fertiles ou infertiles (voir Fig. 14). La plupart des femmes ont quelques jours de « sécheresse » juste après le flux menstruel, quand aucune glaire n’est sentie ou visible à la vulve. Cela est un indicateur de l’infertilité du couple puisqu’aucun spermatozoïde ne peut survivre dans de telles conditions. La femme avertie et expérimentée peut ensuite percevoir une sensation d’humidité ou de collant à la vulve et bientôt voir une glaire blanche ou jaunâtre épaisse et collante. Cela indique que les taux d’estrogène commencent à monter et, bien que l’ovulation ne soit pas imminente, elle devrait se produire dans quelques jours.

Cela indique aussi que les conditions chez la femme deviennent favorables à la survie des spermatozoïdes, donc les couples désirant éviter une grossesse s’abstiennent de relations sexuelles au premier signe de glaire.

Plus près du moment de l’ovulation, la glaire change graduellement. Elle crée une sensation de mouillé et de glissement ou lubrification à la vulve. Elle est plus filante, claire et liquide, de la consistance du blanc d’oeuf cru. C’est un signe que les niveaux d’estrogène sont à leur comble et que l’ovulation est imminente. La recherche a démontré que l’ovulation se produit en moyenne le lendemain du dernier jour de ce type de glaire. Ce sont les jours de fertilité maximale, quand les couples désirant une grossesse devraient ne pas manquer d’avoir des relations sexuelles.

Après l’ovulation, puisque la progestérone circule maintenant dans l’organisme de la femme, la glaire redevient collante et opaque durant quelques heures ou quelques jours (voir Fig. 14). Pour le reste du cycle, on a des jours « secs » où la glaire n’est ni sentie ni visible, indiquant l’infertilité. Cela est confirmé par la hausse de température basale (décrite ci-dessous) et les changements du col (voir Fig. 8 et Fig. 14). Seréna enseigne aux couples comment observer, puis évaluer et interpréter les observations de la glaire, de façon à reconnaître la fertilité ou l’infertilité dans un cycle.

La température basale comme signe de fertilité/infertilité

Un autre symptôme de fertilité/infertilité très utile est la température basale de la femme (la température du corps prise au repos avant de se lever le matin). La température se tient à un niveau plus bas durant la première partie du cycle, donc avant l’ovulation. À  l’ovulation, l’hormone progestérone, entrant dans l’organisme pour préparer le corps à une grossesse possible, influence le centre cérébral qui contrôle la température. La température basale monte après l’ovulation et reste à ce niveau légèrement plus élevé jusqu’à ce que le flux menstruel commence (voir Fig. 14). Ce nouveau plateau est une confirmation que l’ovulation s’est produite. La femme peut être sûre qu’elle n’ovulera pas de nouveau durant le même cycle, car l’équilibre hormonal entre le cerveau et les ovaires rend impossible d’ovuler de nouveau avant que le prochain cycle ne commence. Seréna enseigne aux couples à déterminer quand ce second niveau de température est bien établi et quand ils peuvent avoir des relations sans possibilité de grossesse.

La température matinale peut être affectée par des facteurs extérieurs tels qu’une infection, les levers durant la nuit, les voyages, un écart de plusieurs heures (en plus ou en moins) dans l’heure de prise de température, etc. Les couples à qui on enseigne bien la Méthode sympto-thermique apprennent à interpréter les facteurs qui influencent la température basale. À cause de cela, on ne compte pas seulement sur la température pour déterminer avec certitude la période d’infertilité, mais on l’utilise en conjonction avec les symptômes de la glaire et les changements du col décrits ci-dessous.

Changements du col comme signes de fertilité/infertilité

Il est intéressant de noter que quatre aspects du col utérin changent aussi alors que les taux d’estrogène montent avant l’ovulation. Ces changements sont inversés après l’ovulation alors que la progestérone prédomine sur l’estrogène (voir Fig, 14 et Fig. 15). Ces aspects sont :

Niveau : Partant d’une position plutôt basse, le col s’élève dans le vagin au temps de fertilité maximale, puis redescend et reste bas jusqu’à la fin du cycle.

Ouverture : Fermée après la menstruation, l’ouverture du col s’agrandit au temps de l’ovulation et de la fertilité maximale, rendant plus facile le parcours des spermatozoïdes vers l’ovule. Après l’ovulation, le col se referme.

Ramollissement : Ferme au début du cycle, le col est plus mou au moment de l’ovulation et de la fertilité maximale comme résultat du relâchement de ses minuscules fibres musculaires internes. Il est plus ferme après l’ovulation.

Position : Le col est incliné vers la paroi vaginale durant les premiers jours du cycle et se dresse en ligne avec l’axe du vagin au moment de fertilité maximale et de l’ovulation, parce que les hormones affectent les ligaments qui maintiennent l’utérus en place. Après l’ovulation, il s’incline de nouveau.

Ces changements sont observables à l’auto-examen du col. Ils servent de signes additionnels de la fertilité ou de l’infertilité de la femme, et donc du couple, durant chaque cycle. L’observation et l’interprétation des changements du col sont enseignées par Seréna.

Section 4. Grossesse confirmée par le graphique sympto-thermique

Les analyses de laboratoire de l’urine de la femme ne sont pas la seule façon de confirmer le commencement d’une grossesse : vingt jours de hautes températures consécutives après l’observation de la fertilité maximale dans le cycle confirment la grossesse. Sachant cela, la femme apprend très tôt qu’elle est enceinte et peut commencer à prendre les mesures nécessaires comme d’éviter l’alcool et certaines drogues ou de commencer la prise de fer et de vitamines (incluant l’acide folique, si elle ne l’a pas déjà fait). La femme peut même soupçonner sa grossesse plus tôt car, environ 7 à 10 jours suivant l’ovulation, la température matinale tend à établir un nouveau plateau un peu plus haut que le plateau postovulatoire habituel.

Il est possible de faire une fausse couche tout au début de la grossesse et de penser que c’est une menstruation tardive et particulièrement abondante. La recherche a démontré que les femmes hypofertiles courent un risque deux fois plus grand de subir ces accidents. Celles qui savent déterminer la grossesse au tout début – avec l’aide de leur graphique de température – sont à même d’identifier la fausse couche hâtive et de ne pas la confondre avec une menstruation inhabituelle. Si une femme subit des fausses couches hâtives à répétition, ses graphiques peuvent aider les médecins à identifier son problème et à élaborer des stratégies de traitement.

Section 5. Créneau de fertilité à vie du couple

De nos jours, les mariages ou les unions stables ont généralement lieu plus tard dans la vie qu’autrefois. On a aussi tendance à remettre à plus tard l’arrivée des enfants. Les conjoints le font pour bien des raisons : ils veulent établir leur carrière, acheter une maison, ou atteindre d’abord la sécurité financière. Peut-être la recherche du bon partenaire a-t-elle pris plusieurs années, ainsi que la décision mutuelle de démarrer une famille. Entre temps, leur fertilité a pu diminuer, surtout à cause de l’âge mais aussi pour d’autres raisons.

Diminution de la fertilité chez la femme

La fertilité maximale de la femme se situe entre 18 et 25 ans17. La diminution de la fertilité s’accélère après 30 ans et jusqu’à la ménopause. Dans la quarantaine, la femme qui a l’habitude d’observer le signe de glaire de sa fertilité cyclique trouvera que le nombre de jours de fertilité dans ses cycles est moindre que durant sa jeunesse. En réalité, longtemps avant la ménopause, le taux des hormones ovariennes diminue légèrement et la chute d’estrogène réduit le nombre de jours de glaire fertile. Jusqu’à la trentaine avancée, une ovulation à tous les 25-30 jours signifie, en principe, que la femme a 13 occasions par année de devenir enceinte. Durant les décennies suivantes, les cycles deviennent   irréguliers, et quand ils sont plus longs, il y a moins d’ovulations et donc moins de temps fertile par année.

Le TABLEAU III donne un estimé des pourcentages d’infertilité chez les femmes de différentes catégories d’âge. Il a aussi été  prouvé que le taux de fausses couches augmente avec l’âge de la mère.

ÂGE DE LA FEMME
POURCENTAGE
20-24
25-29
30-34
35-39
40-44
7.0%
8.9%
14.6%
21.9%
28.9%


TABLEAU III. POURCENTAGE D’INFERTILITÉ SUIVANT L’ÂGE DE LA FEMME.

Avec l’âge, les risques qu’interviennent d’autres obstacles à la fertilité augmentent, telles l’obésité ou les conséquences des infections transmises sexuellement. Si la femme a subi de telles sortes d’infections sans être rapidement et correctement traitée, cela peut avoir un effet négatif sur un ou plusieurs des facteurs de sa fertilité en vieillissant. Elle peut même ne pas savoir que c’est le cas, car souvent les infections qui ont le plus d’influence sur la fertilité ne donnent pas de symptômes et échappent au diagnostic. En particulier, les parois internes des trompes de Fallope (voir Fig. 9) peuvent être affaissées et en partie obstruées par du tissu cicatriciel, ce qui crée un obstacle à la rencontre des spermatozoïdes et de l’ovule ou au passage du jeune embryon vers l’utérus. Au moment de l’ovulation, la trompe s’approche de l’ovaire afin de cueillir l’ovule qui vient d’être expulsé. Toutefois, s’il y a des cicatrices autour du bout libre de la trompe, ce mouvement peut être entravé.

De telles cicatrices peuvent obstruer ou immobiliser les trompes chez les femmes qui souffrent d’endométriose. C’est un état qui fait que des fragments du tissu normalement trouvé dans l’utérus se répandent en d’autres endroits comme la surface des ovaires, les intestins ou autres structures abdominales. Puisque cette sorte de tissu saigne à la fin de chaque cycle, (à cause des mêmes influences hormonales qui font varier la paroi interne de l’utérus) il en résulte de l’inflammation et puis du tissu cicatriciel. Les menstruations douloureuses n’en sont pas la seule conséquence; elle est aussi liée à l’infertilité. Environ 3% à 10% des femmes d’âge reproductif aux États- Unis souffrent d’endométriose et près de 25% à 35% des femmes infertiles en font. La cause de cette maladie est inconnue, mais sa fréquence augmente avec l’âge. Les taux pourraient être deux fois plus hauts chez celles qui retardent la maternité et chez les femmes dont la mère, la grand-mère ou les tantes ont fait de  l’endométriose.

Parfois, les complications ou les effets à long terme des contraceptifs deviennent un obstacle à la fertilité. Par exemple, le tissu cicatriciel formé après des infections associées au stérilet peut bloquer les trompes de Fallope. Même des femmes qui n’ont jamais eu d’infections diagnostiquées causées par leur stérilet prendront, en moyenne, plus de temps à concevoir après son retrait que les femmes n’ayant jamais porté de stérile20, 21. La présence d’un stérilet de n’importe quel type cause un état inflammatoire des cellules qui tapissent l’utérus. Si, en plus, le stérilet contient du cuivre, un effet toxique s’ajoute et nuit à ces cellules. Quand de la simili-progestérone est ajoutée au stérilet, le développement des cellules de la paroi utérine est empêché. Il n’est donc pas étonnant que cela prenne un temps avant que la paroi utérine redevienne favorable au nouvel embryon après le retrait d’un stérilet.

Avec Depo-Provera (injections contraceptives de simili-progestérone), l’ovulation peut ne pas revenir avant 9 à 10 mois suivant la dernière injection. Pour ce qui est de la pilule contraceptive, les résultats de plusieurs études montrent que les femmes qui cessent de la prendre ont en moyenne un délai de deux semaines pour le retour d’ovulation. Toutefois, environ 3% « attendent encore la première menstruation après 6 mois » et plusieurs doivent subir des manipulations hormonales pour ovuler de nouveau. Mais, comme nous l’avons déjà vu, l’ovulation n’est pas le seul facteur de fertilité. Un chercheur suédois, le docteur Érik Odeblad, étudie le col utérin et la glaire cervicale depuis 40 ans. Il a trouvé que le col des femmes qui ont utilisé les contraceptifs oraux montre les mêmes caractères que celui des femmes plus âgées de plusieurs années. Il a trouvé que la proportion de cellules cervicales produisant la glaire la plus favorable aux spermatozoïdes diminue autant avec les contraceptifs hormonaux qu’avec l’âge. Bien que cette étude n’ait inclus que des femmes utilisant la contraception hormonale sous forme de pilules, il est probable que ses conclusions puissent s’étendre aux femmes utilisant toutes les formes de contraception hormonale, comme le timbre cutané, les injections, etc. Comme le col joue un rôle de grande importance dans la fertilité, il est compréhensible que les femmes ayant utilisé la contraception hormonale doivent attendre plus de mois en moyenne avant de concevoir, en comparaison avec celles qui n’ont jamais utilisé ces méthodes hormonales. Une étude allemande analysant les détails de cycles après-pilule a démontré un retour à des cycles normaux variant de 0 à 26 semaines. Pour les couples qui ont tardé à tenter une grossesse, les effets combinés de leur âge ainsi que de l’usage antérieur de la contraception hormonale, peuvent sérieusement compromettre la conception naturelle.

Le déclin de la fertilité chez l’homme

Même si les hommes continuent de produire des spermatozoïdes passé l’âge où les femmes atteignent la ménopause, le nombre de leurs spermatozoïdeset leur fertilité diminuent graduellement avec l’âge. Des études récentes en Europe ont démontré une diminution accélérée de la fertilité mâle après l’âge de 30 ans.

D’autres recherches ont trouvé une détérioration dans la qualité moyenne des spermatozoïdes, chez des hommes d’âge similaire, quand les échantillons d’aujourd’hui sont comparés aux échantillons recueillis il y a des décennies. Cette détérioration comprend une moindre concentration des spermatozoïdes et un pourcentage accru de formes anormales. Plus d’hommes que jamais auparavant obtiennent des résultats marginaux dans des analyses de fertilité. Entre 1940 et l990, le pourcentage d’hommes ayant plus de 100 millions de spermatozoïdes par cc a diminué de 50% à 16%. À l’autre bout du spectre, le pourcentage d’hommes en ayant moins de 20 millions par cc a augmenté de 6% à 18% (voir Fig. 17). Ces études statistiques ne peuvent pas nous informer sur les causes spécifiques de cette détérioration, mais les chercheurs ont tendance à inculper les facteurs environnementaux.

La fertilité mâle peut être réduite comme conséquence d’infections transmises sexuellement dans le passé, de tabagisme invétéré, d’abus d’alcool, d’une vie sédentaire, et d’affections médicales telles que le diabète et les problèmes cardiovasculaires. Les polluants environnementaux, spécialement les pesticides et les produits manufacturés comprenant des particules qui imitent l’estrogène et sont éventuellement disséminés dans l’air et l’eau, sont soupçonnés comme autres causes de détérioration de la qualité des spermatozoïdes. Ils peuvent faire tarder la conception et causer des fausses couches ainsi que des défauts à la naissance. En
particulier, on a démontré que les ouvriers directement exposés à la chaleur excessive, aux pesticides, aux métaux lourds, aux émanations de produits chimiques et autres contaminants ont des spermatozoïdes de plus basse qualité en comparaison d’échantillons provenant de travailleurs non exposés.

Créneau combiné de fertilité à vie du couple

Les couples qui ont des relations sans restriction ni contraception ne réussissent pas toujours une grossesse. Des études rétrospectives sur le temps que prennent les couples fertiles à concevoir donnent une idée à quoi s’attendre. À peu près 80% à 85% des couples qui essaient de concevoir réussissent à l’intérieur d’un an. Parmi ceux qui n’y arrivent pas, de 5% à 10% concevront naturellement durant la seconde année. Toutefois, un certain nombre seront officiellement diagnostiqués infertiles31. La probabilité moyenne de conception dans un cycle donné est d’environ 20% chez les couples fertiles.

Parmi les couples qui recherchent une grossesse, la majorité sont fertiles et le prouveront par la suite, mais d’autres sont stériles ou hypofertiles. Un couple est considéré normalement fertile s’il conçoit à l’intérieur d’un an. Un couple est reconnu comme stérile quand la femme a subi l’ablation chirurgicale de ses ovaires ou de son utérus, lorsque l’homme s’est fait enlever les testicules chirurgicalement, si la radiothérapie a détruit les cellules reproductives, ou si l’un ou l’autre est né avec certains problèmes génétiques nuisibles à la fertilité. Un couple est aussi prononcé stérile quand il atteint la fin de ses années reproductives sans pouvoir produire une grossesse. Même suivant une vasectomie ou une ligature des trompes, un couple ne peut pas être prononcé absolument stérile, car des grossesses surviennent parfois, bien que très rarement.

Parmi les couples qui consultent les services de santé pour des problèmes de fertilité, la cause ne pourra pas être identifiée chez 20% d’entre eux. Ils sont classés comme ayant une infertilité non expliquée. Parmi ceux qui ont une cause identifiable d’infertilité, 40% des causes sont reliées à des facteurs masculins, 40% à des facteurs féminins, et 20% ont des facteurs combinés masculins et féminins.

De plus en plus de couples qui recherchent une grossesse sont hypofertiles : ils prendront plus d’un an à y arriver. Nous avons décrit quelques raisons pour lesquelles un homme ou une femme est moins fertile que la normale. Si seulement un des partenaires est hypofertile dans le couple, la conception réussira peut-être un jour. Mais si les deux sont hypofertiles, à cause de l’âge et/ou de problèmes passés ou présents, ils courent un plus grand risque de ne jamais réussir. C’est dans un tel cas que les mesures protectrices préconceptionnelles peuvent faire une différence (quelques-uns des facteurs affectant la fertilité sont réversibles et les soins professionnels peuvent aider).

Même si chaque couple est spécial dans ses propres circonstances, et même si des grossesses tardives sont possibles, il n’est pas sage de prendre sa fertilité pour acquise et de retarder la fondation d’une famille pour des raisons qui ne sont pas de prime importance.

Volume

2 à 6 cc

Nombre

Plus de 20 millions/ml

Mobilité

Plus de 50% avec mouvement vers l’avant

Morphologie

(Apparence)

Plus de 30% avec tête ovale, « acrosome » et une

seule queue

Globules blancs

Moins de 1 million/ml


 

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