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La faute à Barbie

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Barbie fête ses 50 ans, sans une ride au coin de son sourire éternel. Depuis sa création le 9 mars 1959, Barbie est le jouet le plus vendu au monde. Son fan club compterait 18 millions de membres. Les petites filles se l’arrachent. Les Américaines en posséderaient 7 en moyenne, les Françaises âgées de 3 à 11 ans 2, les Italiennes et les Allemandes 3. Celles qui n'en ont aucune sont minoritaires. On peut imaginer combien de générations de petites filles ont baigné et continuent de baigner dans l’univers Barbie. Sociologues, féministes, éducateurs et spécialistes de tout genre on pourtant prêté à cette poupée une influence néfaste sur le développement des fillettes. Si l’on passe Barbie à la loupe, voici 4 éléments qui élucident le « Barbie Power ». Comment expliquer en effet que cette figurine en plastique puisse, du haut de ses 29 cm, exercer un tel pouvoir sur nos petites filles?

La culture Barbie
Pour ses cinquante ans, le père de Barbie, le géant américain du jouet Mattel, organise des tonnes d’activités « mode et glamour ». Expositions mettant en scène des stylistes et des designers dans la ville lumière et  conception d’une voiture à son image, Barbie est gâtée. La voiture, une Fiat 500 serait, selon Mattel « le summum en matière de design italien, de glamour absolu, et l’une des voitures les plus incroyablement sophistiquées au monde ». Voilà de belles valeurs à la portée des jeunes fans de la poupée ! La culture Barbie ne s’arrête pas à la poupée ni à ses nombreux accessoires, ni aux dérivés et à son association avec Disney et Benetton, pour ne citer que ceux-là, Barbie est aussi l’héroïne de films. Bref, de quoi consommer à la pelle ! C’est ce qu’écrit l’auteure Marianne Debouzy, dans « La poupée Barbie » publié dans la revue Clio, Le temps des jeunes filles: « Barbie apprend aux enfants qu'il faut se consacrer à la poursuite du bonheur à travers l'acquisition de biens matériels socialement connotés. Jouer avec Barbie, c'est faire l'apprentissage de la consommation en tant qu'activité principale », ajoute-t-elle.

Jouer à la Barbie
L’arrivée de Barbie bouleverse l’univers du jeu et la socialisation de la petite fille. La poupée enfant cède la place à la poupée femme. La sociologue Eliane Perrin l’exprime ainsi: «Auparavant, les filles recevaient de vrais poupons en guise de poupées. Elles apprenaient ainsi devenir mères. L’avènement de la Barbie a favorisé une projection vers l’avenir qui n’a plus rien à voir avec le geste maternant. Le jeu est depuis lors orienté vers la capacité de séduire, de se relooker. » Et comme le soulignait un journaliste, la poupée semble avoir été conçue pour les petites filles qui détestent être petites et aussi pour satisfaire les fantasmes des mères en quête d’une vie de luxe. Ainsi, Barbie précipiterait les petites filles dans un monde d’adulte et même les pousserait à devenir prématurément des adultes.

Cette entrée précoce dans le monde des adultes est de plus en plus flagrante avec l’arrivée d’une concurrente de Barbie. Certes Barbie n’a pas pris une ride mais elle se fait damner le pion par Bratz. Celle-ci est plus pulpeuse, plus maquillée, avec une tête, des yeux et des lèvres démesurées, elle est surtout plus jeune !

Un monstre de la nature

Pas besoin d’être une féministe endurcie pour s’apercevoir que la poupée Barbie représente une image dénaturée de la femme: cheveux longs à la Pantene Pro V, d’un blond  immaculé, maquillée à vie et arborant une poitrine démesurée, sur une taille plus fine que celle d’une guêpe, portée par une paire de jambes interminables. Bref, des mensurations hypertrophiées qui deviennent des critères de beauté idéales des fillettes, se projetant dans l’avenir avec une image faussée de ce qu’elles pourraient être adultes. Cette beauté est pourtant improbable. En effet l’anatomie et les mensurations de Barbie en font un monstre de la nature ! C’est pourquoi psychologues et médecins ont accusé Barbie de rendre anorexiques les petites filles désireuses de lui ressembler, et ce dès le plus jeune âge puisque la poupée plaît à des fillettes de plus en plus jeunes.

Une récente étude de l’université de Sussex en Angleterre confirme cette idée, démontrant que l’exposition à ce jouet entraînerait une mauvaise perception de son corps et donc une mauvaise estime de soi. Il inciterait également les filles à la maigreur. Selon des études anthropomorphiques, le tour de taille de Barbie, par rapport à sa hauteur, serait 39% plus faible que celui d’une anorexique !

La faute à Barbie ?
Mais n’est-ce pas trop facile d’attribuer à Barbie un tel pouvoir! Selon la sexologue de Seréna, Marie-Ève Desforges, le rôle du parent est primordial car une multitude d’autres facteurs influencent nos petites filles. L’environnement qui les entoure et les médias les bombardent de ce genre d’idéal faussé de la beauté et contribuent à diminuer l’estime de soi. Les parents ne peuvent pas contrôler l’exposition de leurs enfants à ces facteurs néfastes. Il ne suffit pas de les empêcher de jouer avec une poupée Barbie. C’est pourquoi, ils doivent les aider à s’accepter, à se construire une image corporelle positive pour finalement les aider à se forger une estime de soi solide. « On peut valoriser les différences et inculquer à nos enfants des valeurs de santé par exemple», conclut-elle.

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