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Hommage aux parents des anges

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Le  16 octobre dernier a eu lieu la 7e fête des Anges à Montréal et dans plusieurs villes du Québec.  Des centaines de parents se sont rassemblés en l’honneur des enfants partis trop tôt et ont soulignés l’événement par une envolée de ballons. Chaque année, un pourcentage important de bébés Québécois ne survit pas, les experts parlent de mort périnatal. Selon l’Institut National de Santé publique du Québec, en 2008, le taux de mortalité périnatale était de 5,5 pour 1 000. Au cœur des préoccupations des couples et des femmes, Seréna, souhaite leur apporter son soutien et leur rendre hommage.

Organisme sans but lucratif spécialisé dans la promotion et l’éducation de la méthode sympto-thermique, Seréna offre des ateliers de formation pour les couples désirant mieux connaître et comprendre leur fertilité.

La peine d’amour des parents endeuillés cicatrise difficilement et elle est d’autant plus dure avec les différents obstacles qui se dressent devant eux. Au delà de la perte du nourrisson et du rôle de devenir parent, le silence de l’entourage représente un frein important au deuil.  Certains parents se retrouvent dans l’impossibilité de parler de ce drame aux gens qu’ils aiment ou pire, voient leurs proches agir comme si de rien n’était. Or parler permet de donner une place dans la famille à l’enfant décédé, ce qui est important pour les parents mais aussi pour les frères et les sœurs vivants ou à venir. Il n’y a rien de plus horrible pour un parent que la non reconnaissance de son petit ange.

Les experts rencontrent des difficultés pour s’accorder sur la définition. Selon l’OMS, la mortalité périnatale regroupe les enfants nés sans vie mais viables quelle que soit la cause de leur décès, (un enfant est dit viable à partir de la 22e semaine de gestation,  le seuil de viabilité dépendant tout de même de la technologie du pays) et les enfants nés vivants et décédés dans les 7 jours suivant leur naissance. Dans le dictionnaire médical de Jacques Quevauvilliers, Alexandre Somogyi et Abe Fingerhut, la mortalité périnatale est définie comme la mortalité infantile observée durant la période qui s’étend de la naissance au 7ème jour après la naissance. Quant à Malacrida dans Robinson et al. 1999, il englobe les fausses couches en plus, tandis que Pierre Rousseau, gynécologue-obstétricien, la définit comme toutes les pertes qui peuvent survenir de la conception d’un enfant à la fin de sa première année de vie.

Ce manque d’harmonie au fond ne reflète t-il pas la décontenance des experts pour déterminer la période politiquement correcte passée avec l’enfant perdu pour être endeuillé ? Les explications et les analyses sur les différentes étapes du deuil se multiplient. Les modèles se définissent en phases de désorganisation et de réorganisation cherchant à expliquer l’inexplicable douleur de la perte d’un être cher. Les mots sont déjà trouvés : choc, déni, peur, colère, tristesse, acceptation, quête de sens, sérénité, paix… avant même qu’ils ne soient ressentis, comme s’ils pouvaient panser les blessures invisibles.

Chaque femme et chaque couple s’investit de manière différente dans une grossesse et chaque bébé s’inscrit dans un parcours différent. Tous les mots du monde, les analyses des plus grands thérapeutes, les explications des différents articles  ne pourront effacer la douleur, ni remplacer l’être aimé. Alors stop. Arrêtons un instant de tout analyser et décortiquer et rendons hommage au courage et à l’amour de tous ces parents qui vivent une telle épreuve.  Malgré une solitude incontournable, ces hommes et ces femmes font preuve d’un courage et d’un amour merveilleux.  Le deuil est une traversé intime et personnelle et cependant il a permis de révéler une immense créativité chez beaucoup de parent, comme s’il existait en chacun de nous, un potentiel caché de renaissance, une capacité inconnue de vie. Certains parents endeuillés trouvent une nouvelle force et consacrent leur temps et leur énergie à s’occuper des autres couples ayant perdu un bébé. Plusieurs associations de soutien et d’échange se sont ainsi créées. De nombreux livres bibliographiques témoignent du chemin parcouru de chacun. Des blogs et des forums ont été construits afin que les parents puissent échanger et témoigner. Des poèmes, des dessins et autres expressions artistiques permettent aux personnes d’exprimer leurs sentiments. Des rassemblements ont lieu pour briser les tabous comme la Journée internationale de sensibilisation au deuil périnatal, qui se déroule chaque mois d’octobre à travers le Québec, la Fête des Anges, mentionnée en début d’article ou le groupe de marche estival de Gatineau, « Pas à pas vers de nouveaux rêves ».

Au cours de ses 55 ans d’existence, Seréna a soutenu des couples confrontés à différentes épreuves. Parce que la pensée d’une complication a certainement tracassé chaque femme enceinte, Serena veut honorer le courage de celles d’entre nous qui, malgré la souffrance, la colère et la peine, sont parvenues à traverser l’épreuve du deuil périnatal et à retrouver un sens à leur vie.

Marie-Hélène Viau

Marie-Hélène Viau

Agente de communication

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