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Vendredi, 27 Janvier 2012 19:49

Concevoir sans stress?

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Vous désirez un enfant depuis longtemps. Puisque Mère Nature fait parfois bien les choses, vous vous laissez porter par l’élan de ce désir. Mais au bout de plusieurs mois de relations sexuelles non protégées et d’essais infructueux, vous employez les grands moyens. Vous décidez, pour mettre toutes les chances de votre côté, de cibler le moment de l’ovulation et les périodes fertiles et infertiles du cycle, en observant vos signes de fertilité : votre glaire, l’aspect du col de l’utérus et aussi votre température quotidienne (méthode sympto-thermique). Mais malgré ces précautions, rien n’y fait. Votre fertilité serait peut-être en jeu. Après avoir consulté, les tests ne révèlent rien de précis. Plus le temps avance et plus la pression monte. Certes vous avez sondé l’aspect physiologique de votre fertilité. Mais dans quel état psychologique vous êtes-vous lancée dans l’aventure? Se pourrait-il que le stress influence votre fertilité?

Des preuves scientifiques 

Seulement 23% des femmes en recherche de grossesse tombent enceintes après le premier cycle d’essai[i]. D’autres voient leurs efforts comblés après plus de temps. D’autres tentatives échouent pour des raisons pathologiques. Mais certaines tentatives vaines demeurent inexpliquées. Le stress est souvent pointé du doigt comme cause de ces cas d’infertilité. Par ailleurs, certains couples ayant baissé les bras décident d’adopter et contre toute attente finissent par concevoir un enfant sans difficulté. Pour les scientifiques et médecins spécialistes de la fertilité, ces cas sont des preuves du lien entre stress et fertilité. 

Il est très difficile de prouver scientifiquement que le stress que l’on subit dans notre vie quotidienne puisse provoquer l’infertilité. Mais certaines études ouvrent la voie à cette éventualité pour faire de cette croyance très répandue dans la communauté scientifique une certitude.

C’est le cas d’une étude réalisée par des chercheurs des National Institutes of Health et de l'Université d'Oxford publiée dans la revue en ligne Fertility and Sterility[ii]. Elle conclut que le stress peut empêcher les femmes de tomber enceintes ou réduire leurs chances de concevoir un enfant. Pour ce faire, elle démontre le lien entre la présence d’un indicateur de stress (alpha-amylase) en grande quantité et la diminution des chances de devenir enceinte.

Une équipe de l’University of Pittsburgh School of Medicine a, quant à elle, constaté que les femmes présentant des taux élevés de cortisol, une hormone traduisant un état de stress, arrêtent d'ovuler. La revue Fertility and Sterility chiffre également à 25%[iii] la réduction des chances de conception chez les femmes anxieuses, selon les résultats d’une étude de l'Université de Californie et le San Diego Department of Family and Preventive Medicine.

Le jeu des hormones

Lors d’un stress, le mécanisme de reproduction est perturbé et les hormones impliquées dans ce processus sont inhibées. L’hypothalamus régule, tel un chef d’orchestre, aussi bien les hormones de réponse au stress que les hormones sexuelles. Cet équilibre bien pensé mais fragile est vite débalancé en cas de stress. Les cycles deviennent alors irréguliers et à l’extrême, l’ovulation n’est plus seulement retardée mais supprimée. La quantité de spermatozoïdes en est aussi affectée.
Chez la femme, le stress pourrait supprimer la reproduction de plusieurs façons. Si l’œstrogène n’est pas produit en quantité suffisante, l’ovulation survient de façon irrégulière ou même pas du tout. La baisse du taux de progestérone consécutive au stress empêche aussi la maturation de la paroi utérine durant la deuxième moitié du cycle. Elle n’est pas assez épaisse ni riche pour que l’œuf fertilisé puisse s’implanter normalement. La FSH (hormone folliculostimulante) et la LH (hormone lutéinisante) influencent le murissement des ovules. Si elles manquent à l’appel, bébé aussi. Enfin, des hormones sont secrétées en réponse au stress. La prolactine, extrêmement puissante, empêche l’ovulation. C’est aussi grâce à cette hormone que l’allaitement peut rendre infertile sous certaines conditions. Ainsi, la MAMA (méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée) peut être observée comme méthode contraceptive.
Chez l’homme, une faible concentration en LH et en testostérone liée au stress, réduit la quantité et la qualité des spermatozoïdes. En Allemagne, une expérience menée auprès de prisonniers condamnés à mort a même révélé un arrêt total de la production de gamètes mâles.

Autres impacts
Outre ces changements directs sur la reproduction, le stress entraîne aussi des effets sur le comportement sexuel. Il entraîne des problèmes érectiles chez l’homme tandis que la libido diminue, voire disparaît chez la femme, ce qui aboutit à moins de rapports sexuels.

Certes, les recherches scientifiques continuent à ce sujet mais le stress jouerait sans contredit un rôle néfaste sur la reproduction. La fatigue, le stress mental, un environnement de travail sous pression, des situations conflictuelles, la perte d’un être cher… Tous ces facteurs ne favoriseraient pas la fécondité. Qui plus est, pour les couples qui essaient depuis longtemps, le désir d’enfant peut devenir une obsession et alimenter davantage ce stress déjà présent.
Chacun a sa méthode de détente. Le lâcher-prise et surtout la confiance en son propre pouvoir de fécondité sont de mise et ont leur rôle à jouer en cas d’infertilité inexpliquée! Enfin, se confier à son entourage et ne pas rester isolé peut aider à faire tomber la pression.

Myriam Bonfis
www.serena.ca
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[i] Nepomnaschy, P. A., Sheiner, E., Mastorakos, G., & Petra C. Arck. (2007). Stress, Immune Function, and Women's Reproduction. Annals of the New York Academy of Sciences, 1113(Stress Responses In Biology and Medicine Stress of Life in Molecules, Cells, Organisms, and Psychosocial Communities), 350-364.
[ii] NIH « Stress may delay women getting pregnant », STRESS et FERTILITÉ : Désir d'enfant ? Déstressez avant - mise en ligne par Claire Tancrède, Santé log, le 16 août 2010.
[iii] Confirmation d’une relation entre stress et fertilité - Agence pour la Diffusion de l´Information Technologique (ADIT, www.adit.fr) – 10 avril 2002.


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