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Mercredi, 23 Mai 2012 15:19

Quand la cigogne tarde à venir

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« Ils se marièrent et eurent…. » Si pour quelques couples, la grossesse arrive aussi naturellement que dans un conte de fée. Pour d’autres, un homme et une femme qui s’aiment, c’est une équation qui ne suffit pas à faire venir la cigogne. Pour voir leur désir comblé, de plus en plus de couples doivent emprunter un véritable parcours du combattant. Au Canada, l’infertilité a doublé en 20 ans! Elle est passée de 8,5 % en 1992 à 16 % en 2012. Que vit le couple pendant le délai de conception?

Le miracle de la fécondation

Infertile ou hypofertile? La plupart des organismes médicaux définissent l’infertilité comme une absence de conception après un an de relations sexuelles sans contraception, en absence d’allaitement, mais d’autres allouent 2 ans avant d’attribuer le diagnostic à un couple et de commencer une investigation, car des conceptions, bien que plus rares peuvent se produire après ce délai. Les personnes hypofertiles ou subfertiles ne sont pas infertiles. Elles ont simplement plus de difficulté que la moyenne à concevoir.

Faire un enfant, c’est aussi naturel et facile que faire l’amour? Il n’en est rien! On ne contrôle pas sa fertilité en prenant la pilule et en l’arrêtant, comme un interrupteur de fertilité. D’ailleurs, on ne redevient pas fertile du jour au lendemain après l’arrêt du contraceptif oral. Même si pour certaines femmes, un mois suffit pour être de nouveau fertile, pour d’autres, les effets de la pilule peuvent perdurer jusqu’à 18 mois dans le corps, le temps de laisser le cycle naturel se remettre en place. Pour les femmes qui ont eu l’impression d’avoir le contrôle sur leur corps, c’est maintenant leur corps qui les contrôle. Dur à digérer, dans un monde où tout va très vite, il est difficile d’attendre son corps.

Plusieurs facteurs influencent le succès de la fécondation. À 35 ans, 17 % des femmes ne parviendront pas à avoir un enfant et cette proportion double à 40 ans! La santé des partenaires joue aussi sur les chances de conception. En général, un couple fertile n’a que 25 % de chance de grossesse par cycle menstruel. En conséquence, un délai de quelques mois est tout-à-fait normal avant de concevoir. Mais ce taux de réussite pourrait être grandement amélioré si le couple apprend à cibler la période fertile, autour de l’ovulation. L’organisme Seréna enseigne cette technique basée sur l’observation du cycle: c’est la méthode sympto-thermique.

Même après calcul de tous ces pourcentages, la fécondation reste un miracle en soi. La course folle d'un spermatozoïde à la conquête d'un ovule tient du prodige. Au départ, ils sont des millions dans le vagin. Pourtant seulement 1 % de ces vaillants spermatozoïdes réussissent à franchir le col de l’utérus. Puis c’est la course contre la montre. Une fois l’ovule libéré, à peine 200 réussiront le voyage dans les trompes de Fallope. Un seul sera l’heureux élu et pourra enfin féconder l'ovule.

Vivre avec l’infertilité

Lorsque la cigogne tarde à venir, les deux partenaires, autant l’homme que la femme, passent par plusieurs sentiments : dans un monde où la norme sociale est d’avoir des enfants, le couple se sent non conforme et non reconnu socialement. Honte, infériorité, culpabilité, impuissance face à leur corps qui semble les trahir, déception et stress qui accompagnent chaque cycle menstruel, frustration de voir d’autres femmes enceintes, crainte de ne jamais concevoir… autant d’émotions que vivent ces couples. Enfin, le désir devient obsession lorsqu’on ne voit poindre aucun résultat.

L’enfant représente la réalisation quasi naturelle du couple, sa projection dans l’avenir, le sens de son lien conjugal. L’infertilité peut alors détruire les unions et les individus qui la forment, et leur estime de soi : l’image de la féminité et celle de la virilité, symboles de l’identité sexuelle, sont atteintes. L’identité de mère et de père semble aussi impossible. Enfin, quand la douleur de l’un est trop forte pour l’autre, ou que le désir d’enfant et le sentiment d’échec prennent le dessus sur le lien du couple, il peut y avoir séparation.

La sexualité du couple est aussi affectée. Les tentatives répétées banalisent la relation sexuelle qui devient aussi mécanique qu’un lavage de dents. L’absence de résultat coupe toute envie. De même, chez certains couples, après des essais de mois ou d’années,  la planification des relations sexuelles autour de l’ovulation pourrait devenir un « tue-l’amour » et parfois diminuer la spontanéité et le plaisir.

Enfin, les liens d’amitié peuvent aussi être touchés. À la vue des enfants de ses amis, il arrive que le couple ressente de la jalousie ou de l’injustice. Ou, au contraire, sa souffrance peut être camouflée par une insensibilité démesurée. La solution envisagée peut aller jusqu’à changer ses amitiés.

Plusieurs recherches ont démontré qu’un lâcher-prise pouvait aider à la conception chez les personnes dont l’infertilité est inexpliquée. Avoir une aide psychologique ou consulter un sexologue peut être salutaire pour le couple, mais peut aussi amener chaque personne à se questionner et à mieux se comprendre. L’aspect psychologique de la conception n’est certes donc pas à négliger.

Tiré de l’atelier 1+1=3? sur le désir d’enfant et le délai de conception, pour les couples en recherche de grossesse, créé par Élisabeth Brodeur, sexologue en formation à Seréna Québec.


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