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Monday, 18 June 2012 15:27

Des hommes "enceints"

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Le désir d’enfant naît d’un projet de vie à deux. Lorsque ce désir est comblé à l’annonce d’une grossesse, l’homme et la femme ne sont pourtant pas à armes égales. Tandis que la femme vit sa grossesse dans son corps et dans tout son être, pour l’homme, le projet de paternité reste abstrait. Et ces neufs mois se vivent surtout dans la tête.


Homme sensible

Même s’il ne le montre pas toujours, le futur papa jongle avec plusieurs humeurs et émotions. En début de grossesse, certains hommes vont même jusqu’à douter de la paternité de l’enfant et craindre qu’il n’est pas le leur.

Puis la perspective d’être papa les ramène à la relation avec leur propre père qui aura une profonde influence sur le genre de père qu’ils seront probablement.

Les battements du cœur et l’échographie vont rendre les choses plus concrètes pour le père en devenir. Mais il n’est pas encore au bout de ses peines. Il a à cœur les ressources financières de la famille. Et pour plusieurs, cette préoccupation matérielle devient vite obsession : pour le travail, la rémunération qui y est associée, pour la dimension de leur maison. Cela va se traduire en heures supplémentaires ou par l’occupation d’un second emploi. Ces préoccupations excèdent souvent le besoin réel de la famille. Une agitation qui pourrait être synonyme d’un manque de confiance en soi.

Puis quand le calme semble revenu, vers la fin de la grossesse, à l’approche du grand jour, monte en eux la crainte de se montrer faible à l’accouchement, la peur de s’évanouir, de ne pas supporter l’intervention médicale ou de voir souffrir la compagne. Le futur papa peut aussi ressentir une dépendance face à sa partenaire et aussi la culpabilité de l’avoir mise dans cet état. Mais après la naissance, ces sentiments peuvent être vite remplacés par la jalousie. Le nouveau papa pourrait envier sa compagne de son lien privilégié avec le bébé qu’elle nourrit mais aussi jalouser le bébé pour la grande place qu’il occupe. Dans ce cas, il se sentira sans doute alors un peu exclu.

Homme «enceint»

Pourtant, l’image de l’homme dans la société actuelle reste encore celle d’un être indépendant, fort et imperméable aux émotions. Il doit alors faire abstraction de ses propres besoins. Tous ces sentiments s’échappent donc par une soupape représentée bien souvent par le syndrome de la couvade, un moyen physique par lequel s’expriment ces émotions refoulées.

Affecté par la grossesse de leur compagne, ce sont au moins 20% des futurs pères qui sont touchés par le phénomène. Ils développent une grossesse empathique.

Fringales, indigestions, nausées, maux de dos, prise de poids, maux de tête, insomnie, changements d’humeur et hypersensibilité. Les symptômes se rapprochent étrangement de ceux d’une grossesse. On dirait que c’est l’homme qui est « enceint ».

Ces manifestations apparaissent généralement à la fin du premier trimestre, puis au terme de la grossesse. Heureusement, ils disparaissent après la naissance.

C’est donc de cette manière que les hommes expriment leurs sentiments. Ils veulent également attirer l’attention ou encore prendre sur eux la douleur ressentie par leur compagne.

Des techniques pour s’impliquer plus

Émotions refoulées, grossesse nerveuse, sentiments parfois démesurés, des solutions existent pour l’homme afin qu’il prenne conscience de sa paternité ou pour être plus à l’écoute de ses besoins pendant la grossesse. Il peut tout d’abord s’occuper des démarches administratives, de l’inscription dans les garderies, préparer la chambre et les affaires du bébé. Il peut aussi assister aux rendez-vous médicaux et aux échographies.

Mais afin de s’impliquer plus pleinement, plusieurs techniques permettent au futur papa de se rapprocher de l’enfant à naître. Les séances classiques de préparation à l’accouchement aident homme comme femme à se tenir prêt pour l’événement à venir. L’haptonomie favorise la communication par le toucher entre la mère, le père et le fœtus. L’hypno-naissance permet à la mère d’être dans un état de relaxation au moment de l’accouchement ; le père peut aider à cet état. Le chant prénatal consiste bien sûr à chanter au fœtus des mélodies qu’il reconnaitra après la naissance. La Méthode Bonapace valorise le rôle du père dans la famille car il aide sa partenaire à mieux supporter la douleur.

À travers toutes ces méthodes, le père se sent compétent, utile et autonome dans l’accompagnement de sa partenaire. Cela renforce la communication dans le couple, le lien père-enfant et l’estime du père. De plus, la voix paternelle entendue par le bébé in utéro sera un repère pour leurs futures relations.

L’homme peut ainsi être à égalité avec la femme et endosser pleinement sa paternité dès les premiers mois de grossesse. Même si la société, les employeurs et même la femme confèrent au père le second rôle, la paternité vient peser dans la balance tout autant que la maternité. Complémentaires, le père et la mère peuvent alors contribuer autant l’un que l’autre à l’équilibre et au bien-être de l’enfant à naître.

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