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Changements dans les cycles menstruels, méthodes naturelles et fertilité en préménopause

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Par rapport à la longueur des cycles, on peut diviser la préménopause en deux phases.

La phase I se caractérise par un raccourcissement des cycles, qui demeurent cependant aussi réguliers qu'auparavant. Cette phase passe souvent inaperçue aux femmes qui n'observent pas de près leur cycle. Une femme qui avait des cycles variant de 27 à 30 jours dans la vingtaine se mettra dans la trentaine à faire des cycles de 25-26 jours à 28-29 jours. Une autre dont les cycles variaient entre 29 et 34 jours verra apparaître des cycles de 27-28 jours. Cette phase peut durer plusieurs années. Puis tout à coup, peut-être dans la quarantaine, l'ovulation se fait attendre une ou deux semaines de plus que d'habitude, et le cycle en est allongé d'autant.

C'est la phase II, phase caractérisée par l'irrégularité des cycles menstruels. Les longs cycles peuvent être isolés au début, puis se produiront de plus en plus souvent, alternant avec des cycles courts. En fin de préménopause, les longs cycles pourront durer des mois, mais de courts cycles pourront encore s'y intercaler.

Flux menstruel

Avant la préménopause, le flux d'une menstruation évolue plutôt régulièrement : d'abord léger, il augmente et se maintient pendant quelques jours, puis diminue avant de se tarir. Vers 35-45 ans, le flux devient souvent  irrégulier. On peut trouver une alternance de tachetures, de saignements abondants et même très abondants, pour finir en tachetures. La durée peut être aussi bien plus longue que plus courte qu'auparavant. Le flux menstruel n'est pas formé que de sang, mais surtout d'endomètre liquéfié. Comme l'endomètre, le capitonnage intérieur de l'utérus, s'épaissit à cause des oestrogènes pendant la partie préovulatoire du cycle et que sa croissance est contrôlée par la progestérone après l'ovulation, c'est la quantité et la proportion réciproque de ces deux hormones qui contrôlent la quantité du flux menstruel. Conséquemment, plus les oestrogènes augmentent ou plus leur sécrétion dure longtemps quand l'ovulation est retardée dans les cycles longs, plus le flux est abondant. Aussi, si la quantité de progestérone sécrétée après l'ovulation diminue pendant les cycles de préménopause, si on la compare à la quantité qui était produite quand la femme était plus jeune, l'effet des oestrogènes est moins inhibé et l'endomètre continue de croître pendant la période postovulatoire, ce qui résulte en menstruation abondante. Il arrive souvent que le flux menstruel soit très abondant quand les cycles sont très longs.

Épisodes anovulaires

Il arrive souvent en préménopause avancée que des saignements se produisent, ressemblant ou non aux menstruations habituelles, sans qu'il y ait eu d'ovulation deux semaines auparavant. Quand ces saignements ont l'abondance des menstruations, beaucoup les prennent comme telles et parlent de «cycle anovulaire », comme si le cycle était terminé. Mais à proprement parler, il n'y a pas eu de «cycle » car un cycle suppose qu'on revient au point de départ, ce qui n'est pas le cas dans un épisode anovulaire. Que s'est-il produit ? C'est le jeu hormonal qui s'est modifié.

Comparons d'abord à un cycle normal. Sur le plan des hormones, ce dernier évolue de la façon suivante :

• Vers la fin de la menstruation, les structures du cerveau qui contrôlent le cycle (hypothalamus et hypophyse) s'activent et stimulent les ovaires qui se mettent à produire des oestrogènes, en quantité croissante de jour en jour et à les libérer dans le sang circulant.

• Quand le taux sanguin d'oestrogènes est élevé, vers la fin de la deuxième semaine du cycle dans la majorité des cas, le cerveau capte leur signal et libère brusquement dans le sang une grande quantité d'une hormone  (l'hormone lutéinisante ou LH) qui provoquera l'ovulation dans les 24-36 heures.

• Lorsque l'ovule sort de l'ovaire à l'ovulation, la coque de cellules qui le contenait se met à sécréter, toujours dans le courant sanguin, une seconde hormone ovarienne, en plus des oestrogènes : la progestérone. Cette coque prend le nom de « corps jaune », car la progestérone lui donne cette couleur, qu'on peut voir lors d'une chirurgie.

• La sécrétion de progestérone augmente pendant une semaine puis si l'ovule n'a pas été fécondé, diminue pendant une autre semaine, en même temps que celle des oestrogènes.

• Pendant cette phase postovulatoire, il peut y avoir des vagues de développement des ovules qui seront libérés dans les cycles ultérieurs, mais l'équilibre hormonal empêche toute nouvelle ovulation avant le cycle suivant.

• L'endomètre, qui avait besoin des deux hormones ovariennes (oestrogènes et progestérone) pour se maintenir, a perdu de sa qualité. Il se liquéfie et s'écoule avec un peu de sang pour former la menstruation.

• Dans le cas d'un épisode anovulaire, c'est la phase no 2 décrite ci-dessus qui se dérègle. Au lieu de manifester une augmentation régulière pendant la deuxième semaine du cycle, augmentation culminant dans un sommet qui déclenche la réaction du cerveau, la production d'oestrogènes traîne en longueur à des niveaux intermédiaires, montre des hauts modérés et des bas, et n'arrive pas à culminer dans ce sommet qui déclencherait la réaction du cerveau pour libérer le pic de LH et provoquer l'ovulation.

• Les jours et les semaines passent et, pendant ce temps, l'endomètre s'épaissit. Il s'épaissit tellement que les petits vaisseaux sanguins de sa base n'arrivent plus à nourrir la partie superficielle. Celle-ci perd sa qualité, et à la faveur d'une baisse temporaire d'oestrogènes, se liquéfie et s'écoule sous forme de saignements. Ces saignements peuvent être légers comme des tachetures ou abondants comme une menstruation, dépendant de la quantité et de la durée de la sécrétion d'oestrogènes qui a précédé le phénomène. Si le saignement ressemble à la menstruation habituelle de la femme, celle-ci peut penser que c'est la fin d'un cycle, et si elle est consciente de n'avoir pas eu de menstruation, elle peut déclarer avoir eu un « cycle anovulaire ». Mais en réalité, d'un point de vue hormonal, c'est la phase préovulatoire qui continue. Après un temps de fluctuations au niveau intermédiaire, les oestrogènes augmenteront finalement assez pour déclencher l'ovulation et enchaîner la phase postovulatoire. Cette dernière sera d'environ deux semaines comme d'habitude. Et on assistera à la véritable fin du cycle.

En résumé, ce cycle aura eu une phase préovulatoire prolongée, parsemée d'un saignement ou de plusieurs,
mais quand l'ovulation finira par se produire, le reste s'enchaînera.


Les méthodes naturelles de planification des naissances

Qu'on les appelle « méthodes naturelles », « méthodes physiologiques » ou « méthodes douces », il s'agit de méthodes où le comportement sexuel du couple est modulé par la conscience (on dit en anglais awareness) des signes d'infertilité ou des signes de fertilité qui se manifestent au cours du cycle menstruel de la femme. Les couples qui désirent concevoir au plus tôt s'assurent de ne pas manquer la période où les signes de fertilité sont au maximum. Les couples qui ne souhaitent pas de grossesse sélectionnent pour les relations sexuelles les périodes du cycle reconnues comme infertiles, sans intervention de médicaments ou d'appareils pour bloquer les processus de la reproduction. La majorité des femmes en préménopause utilisent les méthodes naturelles pour
éviter la grossesse, quoique de plus en plus de femmes du même âge y recourent pour augmenter leurs chances d'obtenir une grossesse, soit dans le cadre d'une nouvelle union, soit parce que la carrière a été précédemment trop accaparante.

Contrairement aux méthodes de calculs, dépassées, les méthodes naturelles contemporaines sont basées sur la reconnaissance à chaque cycle menstruel des effets des oestrogènes caractéristiques de la période préovulatoire et des effets contraires de la progestérone, propres à la période postovulatoire. Si elles y sont initiées avec compétence, les femmes (et leur conjoint…) apprennent vite à reconnaître les deux sortes de signes.

1. Méthodes de calculs, de calendrier, d'Ogino-Knauss
Dans les méthodes de calcul des années 1935-1950, on essayait de prédire la période fertile du cycle en cours à partir de la durée des 6 ou 12 cycles passés. Mais les ovulations devancées ou retardées échappaient aux prévisions, et il y eut bien des grossesses imprévues. Hélas! il y a encore des femmes qui se fient à des calculs (genre : ovulation le 14e jour) au lieu d'adopter les méthodes naturelles actuelles, lesquelles sont basées sur l'observation des signes donnés par le cycle en cours.

2. Méthode des températures
Réalité des années 1950 à 1970, la méthode des températures marquait un progrès en confirmant l'ovulation réelle du cycle en cours par un décalage de la température matinale, mais son principal inconvénient était de ne pas prévoir l'ovulation et la période fertile qui la précède.

3. Méthodes de la glaire cervicale
Qu'il s'agisse du modèle développé par les docteurs Billings ou du modèle Creighton, les méthodes basées sur la glaire cervicale comptent sur l'observation des modalités fines de cette sécrétion telle qu'elle s'écoule à la vulve. On sait depuis les années 50 que la glaire cervicale préovulatoire est un facteur de fertilité, que le sperme ne peut pas pénétrer dans l'utérus quand elle forme un bouchon gélatineux dans le col, mais qu'il y trouve son chemin pendant la période où elle est plus liquide avant l'ovulation. Quand elle est plus liquide, elle s'écoule justement à la vulve et la femme qui l'observe peut en observer les caractéristiques tactiles et visuelles qui qualifient sa fertilité. Au Québec, les personnes intéressées par la méthode de la glaire ont intérêt à recevoir l'enseignement du groupe Vie-Amour pour s'initier aux subtilités de l'interprétation de la glaire, garante de
l'efficacité de la méthode.

4. Méthode sympto-thermique
Cette méthode, enseignée au Canada par le groupe Séréna*, combine l'autopalpation du col de l'utérus à l'observation de la glaire cervicale et de la température matinale. L'apparition de la glaire cervicale à la vulve et les changements dans la hauteur, la fermeté, l'ouverture et l'orientation du col utérin signalent le début de la période fertile qui précède l'ovulation. Le changement de niveau de la température matinale, la disparition de la glaire à la vulve et les changements postovulatoires du col confirment, eux, la phase infertile postovulatoire qui ne se terminera qu'au retour de la menstruation. On peut apprendre auprès du groupe Séréna tout ce qu'il faut savoir sur l'observation et l'interprétation des signes de fertilité qui assureront l'efficacité et la satisfaction de la méthode sympto-thermique.

5. Aides techniques à la détection des périodes fertiles et des périodes infertiles
Au cours de son histoire, Séréna a testé de nombreux appareils ou systèmes que des compagnies présentaient comme pouvant identifier les périodes fertiles et les périodes infertiles du cycle. Certains étaient destinés à mesurer le contenu en glucose, la proportion sodium/potassium ou la cristallisation de la glaire cervicale. Plusieurs systèmes électroniques promettaient d'établir et d'interpréter les courbes de températures, en association ou non avec des calculs statistiques du genre Ogino (tels que le Bioself). Aucun système n'a été trouvé plus performant que l'interprétation humaine quotidienne des signes de fertilité donnés par la glaire cervicale, le col et la température, lorsqu'elle a été bien enseignée, bien comprise et bien appliquée.

Particularités des méthodes naturelles en préménopause :

Vu la variation dans les longueurs des cycles qui s'installe progressivement en pré-ménopause, la méthode des calculs est complètement inadaptée. De même, celle des températures seules n'est pas satisfaisante, car l'attente de l'ovulation paraîtra fort longue chaque fois qu'un cycle plus long se produira.

Par contre, et malgré ce qu'en disent certains professionnels de la santé, la méthode symptothermique et les méthodes de la glaire sont tout à fait applicables car, prédisant l'ovulation, elles annoncent si le cycle sera court ou long. Les changements que la femme initiée identifie comme symptômes préovulatoires « couvrent » la période de survie des spermatozoïdes qui, comme on le spécifie dans l'article Variation de la fertilité, a toute son importance avant l'ovulation. De plus, comme elle confirme l'ovulation, la méthode sympto-thermique dit avec précision si un saignement est une menstruation ou un saignement anovulaire. C'est utile de le savoir, puisque l'ovulation, et la possibilité de grossesse, peuvent suivre de très près un saignement anovulaire.

Lorsque c'est un cycle court qui s'amorce, la glaire cervicale peut se présenter à la vulve très tôt, parfois pendant les derniers jours de menstruation. Lorsqu'il s'agit d'un cycle long, la menstruation est suivie d'une série de jours sans manifestation de glaire, ni sentie, ni vue. On pourra ensuite éprouver, soit le développement graduel de glaire qui mène directement à l'ovulation, soit des épisodes de glaire transitionnelle alternant avec des épisodes sans glaire. On dit que ces épisodes de glaire transitionnelle qui n'évoluent pas vers la glaire de fertilité maximale sont des signes d'« essais d'ovulation ». Ils sont causés par des hausses modérées et transitoires d'oestrogènes. Si ces épisodes se multiplient, ils sont souvent suivis d'un saignement anovulaire comme il a été expliqué
dans l'article Changements dans les cycles menstruels en pré-ménopause.

Les changements au col de l'utérus, détectés par l'autopalpation, suivent les changements de la glaire à la vulve. Quant à la température, elle continue de montrer un changement de palier après l'ovulation de chaque cycle, pendant la préménopause aussi bien qu'auparavant.

Si l'on veut suivre une des méthodes naturelles pendant la préménopause, il est prudent de communiquer avec le groupe qui l'enseigne. On en assure ainsi l'efficacité et une meilleure satisfaction.


Variation de la fertilité humaine

Variation d'un couple à l'autre :

Chacun des individus du couple a son potentiel de fertilité selon sa génétique, sa nutrition, son usage d'alcool, de tabac ou de drogue, sa charge toxique due à la pollution ambiante ou professionnelle, ses infections génito-urinaires présentes ou passées et son âge. Si la fertilité de l'un est relativement faible, il peut y avoir compensation grâce à l'autre, mais si elle est faible chez les deux, le couple peut souffrir de subfertilité ou d'infertilité. Aussi, chez la femme, la fertilité annuelle varie avec le nombre d'ovulations par année. La femme dont les cycles sont courts compte plus d'ovulations que celle qui a des cycles très longs.

Variation au long de la vie :

Tous les facteurs ci-haut mentionnés, sauf la génétique, risquent de s'accumuler négativement à mesure que la vie avance.

Variation au cours d'un cycle menstruel :

Alors que la survie de l'ovule est de moins de 24 heures, celle du sperme varie de quelques heures à au moins 6 jours. Une étude américaine récente a montré que les 192 grossesses survenues chez 221 femmes suivies pendant 6 mois ont suivi des relations sexuelles le jour de l'ovulation ou un des 5 jours précédents1. On comprend bien que c'est la période préovulatoire qui est importante. La possibilité pour le sperme de passer du vagin à l'utérus dépend de l'état de la glaire cervicale. Quand la préménopause avance, le symptôme préovulatoire de glaire dure moins longtemps et la quantité observable est moindre. Et la perception de la différence de sensation à la vulve précède souvent son apparition visuelle. C'est pourquoi les femmes ont avantage à s'exercer à distinguer les subtiles différences de sensation en plus de l'apparence de la glaire cervicale lorsqu'elles ont encore des cycles courts.



* Séréna est un organisme à but non lucratif ayant pour mission d'habiliter les couples et les personnes qui le désirent à gérer leur fertilité de façon naturelle et efficace. À l'avant-garde de la recherche dans le domaine de la planification naturelle des naissances, Séréna se spécialise dans le développement et l'enseignement de la méthode symptothermique méthode sympto-thermique. Fondée en 1955 à Lachine en banlieue de Montréal, Séréna offre aujourd'hui ses services au Québec et au reste du Canada. Son expertise est de notoriété  internationale.

1 Comment

  • Comment Link nathalie bernard Tuesday, 27 March 2012 17:36 posted by nathalie bernard

    C'est dommage que vous ne faites pas le suivis des femmes désirant prendre de l'hormonothérapie.Vous décrivez tellement bien ce qui se passe dans mon cycle de femme de 44 ans que je me sentirais en confiance merci

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