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Chacune sa culture, chacune sa contraception

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Il existe plus d’une quinzaine de méthodes contraceptives de nos jours connues à travers le globe. Le choix de la contraception est un fait plus social et culturel que physique ou sexuel.

Les premières traces de préservatifs ont été trouvées sur des momies, datées de -1 350 à -1 200 ans. Certains condoms étaient composés de lin coloré trempé dans l’huile d’olive, d’autres d’une membrane intestinale de mouton. Plus étonnant encore les égyptiens anciens réduisaient en poudre les graines de grenade contenant un œstrogène naturel que les femmes avalaient, donnant les effets similaires à celle d’une pilule contraceptive. Mais ce n’est pas tout.

Ils mélangeaient également du miel, des dattes ou d’autres substances à des excréments de crocodiles ou d’éléphants pour en faire des pommades et les utilisaient comme spermicide. Enfin des stérilets ont été retrouvés sur des momies fabriqués à partir de morceaux d’acacias.1

63% des couples utilisaient une méthode contraceptive dans le monde, en 2007

(Institut national d’études démographiques (INED)).2

Dans le monde, sur 100 couples mariés pratiquant la contraception : 37 ont eu recours à la stérilisation, 23 au stérilet, 14 à un contraceptif oral, 10 au préservatif et 4 au retrait. Ces chiffres ne sont pas représentatifs puisque chaque pays aborde la contraception différemment. Au Canada par exemple, les méthodes contraceptives les plus utilisées par les femmes en âge de féconder en 2006, sont le condom (54,3%), les contraceptifs oraux (43,7%) et la stérilisation (13,4%). Les jeunes femmes de 15 à 19 ans privilégient le condom et les contraceptifs oraux pour des raisons pratiques et d’accessibilité, alors que les femmes mariées de 35 à 44 ans préfèrent se tourner vers la stérilisation (hommes et femmes confondus).3

La stérilisation est beaucoup utilisée en Asie, en Amérique Latine, aux États-Unis et en Angleterre contrairement en Europe, au Proche-Orient et en Afrique où elle est très mal vue. L’accès à la stérilisation féminine est faible ou inexistant dans la plupart des pays où cette méthode est peu employée. En Inde, en Colombie et au Nicaragua, son usage a augmenté de 6% ou davantage en dix ans. 4

Les contraceptifs oraux sont la forme préférée de contrôle des naissances en Europe et en Afrique subsaharienne et arrive en deuxième position au Proche-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique Latine. Par contre, seulement 3% des chinoises mariées et 1% des indiennes qui utilisent un contraceptif prennent la pilule. Malgré son faible pourcentage d’emploi de la pilule, la Chine, en raison de sa forte population, a plus d’utilisatrices de la pilule que tous les autres pays, environ 7,6 millions, viennent ensuite l’Allemagne, l’Indonésie et le Brésil. 5 Au Japon, la pilule, autorisée depuis seulement 1999, est quasiment inexistante car elle est perçue insuffisamment naturelle.

L’Espagne et l’Europe de l’Est, plus pratiquants préfèrent les méthodes traditionnelles puisque l’abstinence périodique est la seule forme de contrôle des naissances tolérée par l’Église. En 1999, le Zimbabwe était le plus gros utilisateur de contraceptifs oraux (36 %) des pays en voie de développement, ce qui reflète l’effort déployé sur le programme national de planning familial à l’échelle du pays.5

Le stérilet lui, est majoritairement utilisé au Proche-Orient, en Inde, en Afrique du Nord, au Vietnam et en Europe de l’Est. Mais le plus gros consommateur est encore la Chine. 70% des utilisatrices de stérilets sont chinoises, soit plus de 42 millions de femmes. 6

Le préservatif est utilisé partout dans le monde. Les plus gros consommateurs sont les japonais qui sont aussi les plus gros fabricants et exportateurs. 92% des couples japonais utilisant un moyen contraceptif préfèrent le préservatif, 4% la stérilisation. Beaucoup de couples combinaient le préservatif à la méthode Ogino, très rependue grâce aux magazines féminins. A l’opposé, en Inde le préservatif est mal accepté car il est associé à la politique de contrôle des naissances.

Les autres méthodes modernes. Relativement aux méthodes précédentes, peu de femmes (mariées ou non) vivant dans les pays en développement utilisent d’autres méthodes modernes de contraception, dont la stérilisation masculine, les méthodes vaginales (diaphragme, cape cervicale et spermicides), implants ou préservatifs féminins. Dans toutes les régions, le recours aux méthodes vaginales atteint un total de moins de 1 % du recours aux moyens de contraception par les femmes. Les implants sont les plus utilisés par les femmes mariées d’Indonésie, avec 6 %, suivies des haïtiennes, avec à peine 1 % .5

Quant aux méthodes naturelles, en 2001, près de 9 personnes sur 10 en moyenne adoptaient, dans le monde entier, des méthodes modernes de contraception alors que seulement 1 sur 10 environ avait recours aux moyens traditionnels : retrait et abstinence périodique. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, un pourcentage nettement plus élevé de femmes vivant dans les pays industrialisés (12 %) ont recours à de tels moyens que celles des pays en développement (5 %).5 Ce phénomène peut s’expliquer par le besoin de retourner au naturel, de respecter et connaître son corps et le goût pour la simplicité.

La méthode sympto-thermique, bien souvent confondue avec les méthodes Ogino, des températures et du calendrier, est la méthode naturelle la plus efficace en matière de contraception. Basée sur l’observation quotidienne des signes de fertilité féminins (la température matinale, les caractéristiques de la glaire cervicale et celles du col de l’utérus), elle permet d’identifier les phases de fertilité et d’infertilité et peut être utilisée tout au long de la vie reproductive de la femme, incluant l’allaitement et la préménopause.8

Références

1     L’Egypte Ancienne de Toutankharton,
www.toutankharton.com/Sexualite
En ligne. Consulté en janvier 2011.

2     Institut national d’études démographiques,
La contraception dans le monde 
En ligne. Consulté en janvier 2011.

3     Black, A. Yang, Q., Wen, S.W. et coll. (2009).
Contraceptive use among Canadian women of reproductive age: Results of a national survey
Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada, juillet 2009, p. 627-640.

4 Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, INFO Project.
Utilisation des méthodes de contraception par les femmes mariées
En ligne. Consulté en janvier 2011.

5 Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, INFO Project.
http://info.k4health.org/pr/prf/fm17/m17creds.shtml
En ligne. Consulté en janvier 2011.

6Jean-Paul Sardon, 1985,
Planification familiale et pratiques contraceptives en Chine, Volume  40, numéro 4-5, p774-779.
En ligne. Consulté en janvier 2011.

8 Seréna Québec. 2010.
Seréna : Le cycle féminin apprivoisé
En ligne. Consulté en janvier 2011.


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